Masques de procédure : « recycler » ou jeter au bon endroit ?

Depuis l’annonce par le gouvernement que les élèves doivent porter un masque jetable à l'école et que les centres de services scolaires doivent leur fournir deux masques chaque jour, la question de la disposition de ces masques est devenue un sujet d’intérêt.

Pour le Centre de service du Fleuve et des Lacs, cela peut représenter 75 000 masques par mois, pesant environ 3,5 grammes chacun.

Puisque différentes informations circulent dans les médias et sur Internet, la RIDT a essayé d’identifier les possibilités pour gérer ces masques le mieux possible après leur utilisation.


En premier lieu et dans tous les cas, il est important de savoir que ces masques ne doivent jamais être mis avec les matières recyclables.


Étant des matières « contaminées », la disposition de ces équipements de protection individuelle doit être conforme aux règles émises par la Santé publique afin d’éviter tout risque de contamination.
Actuellement, Recyc-Québec préconise de disposer de ces matériaux avec les déchets dans des contenants fermés.

 RQ Disposition masques

 

Les options de « recyclage »

RECYC-QUÉBEC a publié le 16 décembre dernier un document intitulé « Entreprises offrant des services de récupération de masques et d’équipements de protection individuelle ». Une mise à jour du document a été faite le 26 mars 2021 pour mettre à jour les diverses possibilités qui s'offrent au Québec pour disposer des masques jetables.

On peut ser rendre compte qu’actuellement, une seule entreprise en mesure de recycler les masques de procédure au Québec.

 

Dans tous les cas, les frais facturés par les quatre entreprises pour participer à leur programme sont très élevés et peuvent facilement dépasser les 13 000 $ par tonne. Si on compare, une tonne de déchets enfouis localement, à Dégelis, coûte à peine 120 $ par tonne.

Bien qu’aucune étude scientifique n’ait encore été faite, on peut aussi émettre un doute sur le gain environnemental de ce "recyclage" des masques par rapport à l'enfouissement au niveau local. Il faut en effet transporter les masques sur de très grandes distances (émission de gaz à effet de serre) et la valorisation énergétique (incinération) entraîne des émissions polluantes. La traçabilité des matières est aussi un défi pour s'assurer que tout soit fait conformément aux normes en vigueur.

Le directeur des programmes d’étude en écoconseil à l’Université du Québec à Chicoutimi, Jean-François Boucher, a analysé les différentes options qui s’offrent aux utilisateurs des masques jetables.
Il juge que l’enfouissement des masques placés dans un sac étanche est un compromis acceptable d’un point de vue environnemental.
« La valorisation énergétique d’un produit qui est à la base pétrolier comme le polypropylène principalement, ça redevient en bout de ligne des émissions d’origine fossile et donc ce n’est pas la meilleure des solutions à mon avis d’un point de vue environnemental. »
https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/place-publique/segments/entrevue/340410/masques-jetables-enfouissement-valorisation-ecoconseil

Le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard, soutient que certaines méthodes de récupération peuvent avoir des impacts négatifs sur l’environnement.
« Ce n'est pas parce qu'on récupère l'énergie que c'est bon pour l'environnement [...] C'est malheureux à dire, mais souvent, l'enfouissement du masque, purement et simplement, est peut-être la meilleure des options, et certainement la moins chère également »
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1766460/recuperation-masques-procedure-ecoles-quebec-recyclage-incineration-revalorisation